Se sentir exclue et différente

Publié le par AurelieEmmaman

Le passage de l'enfance à l'adolescence, chez moi, s'est fait en douceur. Je n'ai pas fait réellement de crise de rébellion même si je me suis affirmée. Dans l'ensemble, avec le recul que j'ai aujourd'hui, tout s'est plutôt bien passé. Je n'étais pas tout le temps d'accord avec ce qu'ils décidaient pour moi, je n'ai pas été toujours très polie. Le monde n'est plus le même qu'avant, les ados changent, grandissent avec ces nouvelles technologies qui ne font qu'évoluer, tout va très vite. 

Hier je suis tombé sur un clip à la télé, celui de Keen'V, je l'ai également entendu à la radio entre deux leçons de conduite en patientant dans la voiture. Franchement je n'aime pas le chanteur, ce n'est pas le style de musique que j'aime. Je tiens à le dire!!!! Peut être avez vous entendu cette chanson. Il parle d'une fille, Émilie, qui a été rejeté, dont on s'est moqué et qui a fini par en finir avec la vie. Alors bien sur, ce n'est qu'une chanson, mais je ne peux m'empêcher d'être touchée. L'histoire de la chanson me parle. Je n'ai pas vécu les choses aussi fortement, je ne me suis pas sentie différente au point de déprimer, m'écrouler. J'ai pourtant eu une période assez difficle lorsque je suis arrivée dans un lycée où je ne connaissais personne, personne ne s'est interéssé à moi, je n'avais pas d'ami. Une année à pleurer pour ne pas aller en cours, une année à subir ces journées interminables. J'ai redoublé et l'année suivante s'est beaucoup mieux passé.  J'ai voulu ressembler aux autres, j'ai voulu porter certains vêtements, certaines marques mais non, ce n'était pas possible. J'ai fait avec, c'était comme ça. Moi aussi j'aurai aimé avoir une super coupe de cheveux qui me mette en valeur au lieu d'un banal carré coupé très droit. Je parle d'apparence parce que c'est le paraître qui compte à cet âge là. Quoiqu'on fasse on est jugé, on juge à notre tour. 
Qu'en sera t'il de ma fille? Est ce que tout se passera bien pour elle? Se moquera t'on d'elle? Je me demande comment cela se passera, je ne veux pas qu'elle souffre, être différente est une force mais elle voudra sûrement ressembler aux autres. 
Il y aura toujours des moqueries parce qu'il y aura toujours des intolérants, il y aura toujours des différences parce que c'est essentiel dans ce monde.
Comme mes parents m'ont appris le respect des autres, je ferais de mon mieux pour que ma fille ne fasse pas parti des moqueurs, pour qu'elle accepte la différence des autres.
En tant que maman, j'ai peur de passer a côté d'une souffrance, peur de ne pas voir. Et même si je le vois, est ce que je pourrais vraiment agir?

                                                  

 

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Delphine 14/02/2014 15:59

ça me touche tellement, ces mots (maux?).
Je suis tombée totalement par hasard sur votre blog. Je faisais une recherche concernant le mal être des ados. J'y suis confrontée en tant que maman et je ne fais qu'y penser...

Ma fille après s'être tue pendant 5 mois s'ouvre aujourd'hui et me dit sa souffrance. Comme c'est dur!
Dur de ne rien avoir remarqué avant, dur de finalement se rendre compte que je n'ai pas les armes pour l'aider à sortir de la spirale négative dans laquelle elle se trouve...
Je sais où ça peut la mener, ayant moi même fait une dépression. J'étais attentive sans être trop envahissante (pas toujours facile!) et quelques mots de sa part ont suffi à me faire comprendre que la goutte d'eau de trop était tombée pour elle...
Si vous avez une relation de confiance avec vos enfants soyez attentifs à ce qui peut exprimer une difficulté et SURTOUT ne lui répondez pas "c'est pas grave". Pour eux C'EST grave, ils ont besoin de vous pour les épauler... pas pour balayer leurs "petits soucis d'ados" d'un revers de main.
Certains enfants ne disent rien, ils craignent que leur tristesse n'affecte trop leurs parents je suppose "ne pas montrer que je suis triste pour ne pas que mes parents croient qu'ils sont de mauvais parents"... Ils ne disent rien jusqu'à craquer :/ Ce jour là il faut être solide, parce que c'est un raz de marée...

Delphine 25/02/2014 08:41

Bonjour
Oui, elle va mieux. J'espère que ça n'est pas qu'une façade!
Elle a eu des nouvelles de son amoureux, ce qui aide pas mal (et après plusieurs mois de silence radio, il était temps!). Et son professeur principal au collège (et coach sportif) est vraiment attentif et bienveillant. Après que je l'aie alerté sur quelques soucis qu'on va qualifier de relationnel il a recadré certains élèves et depuis elle se sent mieux, elle n'est plus mise à l'écart, les autres ne lui volent plus ses affaires, ne se moquent plus de sa dentition...
Nous savons bien que ce sont des soucis très fréquents en cour de récréation et je pensais que ça ne serait pas pris vraiment au sérieux.
Elle était tellement perturbée qu'elle s'était refermée sur elle même, malheureuse : l'impression de n'avoir d'importance ou d'intérêt pour personne, d'être la cible permanente de toutes les moqueries ou jeux idiots. De fait elle se fermait du même coup aux autres, ne donnait pas l'envie qu'on aille vers elle ce qui ne faisait que renforcer son impression d'être exclue.
Elle ne voulait en parler à personne pour ne pas nous embêter et pensant sûrement que c'était anodin pour nous. Elle se sentait bien mieux à la maison, protégée et choyée. Alors qu'à cet âge il serait normal qu'elle prenne un peu ses distances avec nous et s'ouvre aux autres : elle était dans la démarche inverse.
Son professeur l'a questionnée (un peu trop à son goût d'ailleurs, elle aime sa tranquillité), nous avons échangé nos ressentis, agi chacun à notre mesure pour que les choses s'arrangent.
De nôtre côté, après une période un peu compliquée (elle voulait qu'on l'aide sans parler de ce qui n'allait pas, par exemple) nous lui avons aussi ouvert les yeux sur son attitude et lui avons expliqué que nous ses parents serions toujours là quels que soient ses états d'âme. Mais que ses amis, si elle refuse de parler et se ferme quand ça ne va pas, insisteraient moins que nous et baisseraient les bras devant son mutisme et sa mauvaise humeur.
Pas facile de dire et faire comprendre ce genre de choses!
Elle s'était mis dans la tête que même ses amies la mettaient à l'écart, que personne ne la trouvait digne d'intérêt. Elle avait oublié instantanément les bons moments pour ne garder que le mauvais.

Ces quinze jours ont été éprouvants mais la spirale négative est aujourd'hui brisée, elle retrouve peu à peu confiance et sourire.

La vie n'est pas toute rose, mais pas toute noire non plus!
Je vous souhaite, si vous rencontrez des soucis, d'avoir un interlocuteur aussi bienveillant que l'a été son professeur et coach.
Il est un soutien inestimable.
Et comme il le dit à juste titre, il passe davantage de temps avec nos enfants que nous même. Même si il ne les connaît pas encore aussi bien que nous, ce qui rend le travail d'équipe profitable à tous au final!

Je crois que d'être passée par des moments compliqués moi aussi m'a aidée. Peut-être que quelqu'un qui n'est pas passé par là n'aurait pas pris la mesure de l'importance que peuvent prendre les soucis d'ados. J'espère que votre propre expérience vous aidera aussi -si besoin- et que vous aurez tout comme moi des interlocuteurs attentifs au bien être des enfants qu'ils encadrent.

AurelieEmmaman 24/02/2014 21:20

Bonjour, merci pour votre commentaire qui m'a beaucoup touchée. Je vous remercie d'abord de l'intérêt porté à mon article. Ma fille est encore petite mais je m'interroge sur l'avenir. J'espère que cela s'arrange pour votre fille.
Aurelie

Maëline 04/02/2014 21:26

Je ne connais pas la chanson... Mais j'avoue, ça me fait peur pour mes enfants. Peur aussi qu'ils se cachent si ça arrive, et de ne pas savoir voir, ni aider... Ces craintes de parents...

AurelieEmmaman 24/02/2014 21:21

Les paroles ne peuvent pas laisser insensible, je les entendu du nouveau ce soir, et wahou! Toujours autant d'émotions à écouter l'histoire de la petite Émilie.

flore 04/02/2014 08:32

J aime pas non plus KeenV, du tout, mais quand j'ai entendu cette chanson ça m'a bouleversé. À notre époque les mômes étaient pas aussi cruels entre eux. Maintenant ils disposent de différentes "armes" tel que les réseaux sociaux pour blessé même en dehors du cadre scolaire.
J'ai une cousine, de 13ans un peu différente. Il y a un mois mes soeurs et moi nous nous sommes acharné sur Facebook face à une bande de gosses de son âge très méchant envers elle, la dénigrant juste parce qu'elle leur a demandé d'être ses amis. Ça fait peur. On est allé jusqu'à les menacés de porter plainte pour qu'ils cessent.

AurelieEmmaman 24/02/2014 21:21

C'est tellement facile en étant en groupe de se moquer et que s'en prendre à une personne seule, une jeune fille peut être un peu timide...